vendredi 12 novembre 2010

Les mots pour le dire



Voici l'extrait d'un article troublant que j'ai trouvé dans la dernière édition du magazine Trente (novembre 2010). Pour André Noël de La Presse, s'il ne peut mettre sous presse l'existence d'un lien entre le Parti Libéral et la mafia montréalaise, c'est que les avocats du journal ne peuvent garantir que la nature de ses sources anonymes soient crédible, même si elles sont de la police. Que leur faudra-t-il de plus?


Le travail des journalistes d'enquête est un véritable chemin de croix dans les officines du milieu judiciaire. La somme des mises en demeure devient insupportablement étouffante. La vérité a son prix et les médias, comme véhicule de l'information, doivent niveler ce devoir sociétal avec leurs intérêts économiques. Que faire lorsque les entreprises médiatiques ont des intérêts économiques liées avec les dossiers litigieux?


À l'Assemblée Nationale, les libéraux se défendent d'agir dans la légalité. En d'autres mots, leur philosophie d'action est: «tant que ce n'est pas illégal, c'est légal» ou «est légal ce qui n'est pas illégal.» Simple, non? Mais bien des gens plaident depuis longtemps la corruption étatique. Les soupçons deviennent lourds à penser. Comment expliquer le brassage des cartes dans la direction de la mafia de Montréal, l'implication du milieu criminel dans la milieu de la construction et l'«investissement» de 40 milliards par le gouvernement libéral dans le secteur de la construction afin de stimuler «l'économie»? En 2008, le Premier Ministre Charest a scandé les valeurs de l'économie comme programme électoral. De plus en plus, on semble se rendre compte que cette élection précipitée ne semblait avoir été mise en place que pour légitimer l'institutionnalisation d'une corruption étatique.

Pour les détracteurs du Parti Libéral, à la lumière des récentes révélations, la foi en cette corruption politique cogite dans leur imaginaire. Bientôt, comme un poème en état de formulation, ils pourront l'écrire en toute pièce, en toute légitimité et en tout légalité dire : «Le Parti Libéral est corrompu.» Aucun avocat ni aucun tribunal ne pourra alors les faire taire.

vendredi 5 novembre 2010

La leçon de Nelson Mandela

Ça m'a sauté aux yeux. Le hasard fait bien les choses. Je visionné hier soir le film Invictus de Clint Eastwood et plus tôt cette cette semaine, je me suis déplacé pour voir Incendies de Denis Villeneuve. Dans les deux cas, un des thèmes centraux est qu'il faut rompre avec les cycles de haine.


Incendies

Dans le film de Villeneuve, calqué sur la trilogie de Thèbes de Sophocle (Œdipe-roi, Antigone et Œdipe à Colone), le récit se veut une œuvre rédemptrice sur le plan filial mais significative au niveau national. L'histoire d'Œdipe, c'est la fatalité d'un cycle familial condamné à une destiné tragique: Laos, avec la complicité de Jocaste, condamne leur enfant Œdipe à la mort en craignant que ce dernier soit destiné à le renverser. Ce destin lui échappant, il tue son père dans une rencontre fortuite, et le succède sur le trône en épousant la veuve. Lorsqu'il comprendra qu'il a tué son propre père et épousé sa mère, Œdipe se crève les yeux et fuit le royaume et sa mère s'enlève la vie. Les enfants d'Œdipe et de Jocaste vivent à leur tour les répercussions maudites de cette triste lignée alors que les deux frères Polynice et Étérocle s'entretuent à propos de l'héritage du royaume. Il incombera à leur sœur Antigone de braver les lois afin d'offrir guidance et sépulture aux défunts. Sur Antigone repose l'amnistie de ce destin tragique et c'est grâce à elle que l'âme de son père et de ses frères seront en paix.

À la lumière de ce mythe grec, la compréhension du film Incendies est décuplée. Il ne suffit qu'à remplacer les noms et les lieux. On y conçoit également comment la perspective nationale des conflits du moyen orients sont rapportés à un niveau significatif de l'ordre familial et filial.


Invictus

Dans cet extrait du film de Eastwood, Nelson Mandela donne une leçon à son peuple sur la rupture des élans rancuniers qui peuvent s'instituer dans la tradition. Car la ségrégation raciale au profit de la minorité afrikaner ne doit pas simplement se résoudre par un renversement du modèle de l'apartheid. Il faut plutôt rompre avec les cycles de haine. Pour unifier l'Afrique du Sud, Mandela utilise un symbole identitaire, l'équipe de rugby afrikaner les Sprinboks, pour en faire une véritable ligue nationale. La victoire de cette épique à la Coupe du monde sera significative sur le plan de la réconciliation nationale.


Au Québec

L'histoire récente du Québec connaît cette tentation du renversement. En 1981, les militants du Parti Québécois adoptent une proposition visant à abolir les institutions anglaises sur le territoire québécois (et consentent la légitimité d'une action vers la souveraineté politique avec une majorité favorables de députés. En somme, un gouvernement indépendantiste majoritaire aurait pu entamer le processus d'accès à la souveraineté de l'État du Québec jusqu'à ce qu'il en arrive à une déclaration unilatérale d'indépendance. Les militants voulaient donc renouer avec les prémisses de leur parti). Mais René Lévesque n'a jamais cru qu'il fallait faire endurer la minorité anglophone le traitement reçu par les minorités francophones dans le reste du Canada, et parfois même au Québec. Il impose donc le statu quo à ses militants en mettant son siège en jeu. On appellera cet épisode le «Renérendum» (voir les archives de Radio-Canada sur cet épisode).

Aujourd'hui encore, le sort des institutions anglophones est remis en question. Bien qu'économiquement viable grâce à l'appui du gouvernement fédéral ainsi que par de généreux donateurs privés, leur sort est constamment considéré. Que l'université McGill soit reconnu mondialement est une bonne chose, qu'elle participe à l'anglicisation du Québec l'est moins. Mais faut-il réagir pour autant contre elle? Que dire maintenant du MUHC, le méga-centre hospitalier de l'université McGill qui sera probablement mis en place avant même que le CHUM prenne forme? Contrairement à la situation de Mandela en 1995, il n'y avait pas de frontière linguistique à franchir dans le sort de réconciliation des peuples. On pourrait même dire que les sud-africains se sont tous mis à l'anglais par esprit de convenance.

Les différentes situations socio-politiques ne ressemblent aucunement car nos Glorieux du Canadiens de Montréal constituent déjà un objet de fierté nationale, mais comme je l'ai déjà évoqué dans un billet précédent, l'image qu'ils projettent constituent de plus en plus pour les Québécois un symbole d'asservissement au projet canadien. Paradoxalement, les Springboks de l'Afrique du Sud était un équipe issue la minorité colonisatrice alors que l'héritage des Canadiens de Montréal vient de la majorité colonisée. Sommes-nous trop conciliant face à la situation actuelle? Je n'ai pas la réponse à cette question mais il serait improductif de croire que le désir de conciliation et de cohabitation doive sublimer la filiation d'un projet national décomplexé.

Dans ce cas, pourquoi ne pas concevoir des projets unificateurs? La coalition contre la construction de deux méga-hôpitaux proposait la construction d'un seul Méga-CHU qui aurait pu accueillir les chercheurs de McGill et de l'Université de Montréal. De plus, plutôt que de tripoter la loi 101 pour accommoder la minorité anglophone historique, pourquoi ne pas plancher des écoles ouvertes aux minorités, quelles soient anglophones, algonquines ou innus, avec des salles de classes spécifiques à leurs besoins?

Voilà un questionnement qui ne relève pas du calcul comptable. Celui qui osera s'en emparer ne fera pas un travail politique, mais bien messianique.

jeudi 16 septembre 2010

Les Canadians de Montréal


«Le Canada français, culture fatiguée et lasse, traverse depuis longtemps un hiver interminable; chaque fois que le soleil perce le toit de nuages qui lui tient lieu de ciel, ce malade affaibli et désabusé se met à espérer de nouveau le printemps. La culture canadienne française, longtemps agonisante, renaît souvent, puis agonise de nouveau et vit ainsi une existence faite de sursauts et d’affaissements. (Hubert Aquin, «La fatigue culturelle du Canada français»)

La lettre d'un certain Remi Bourget, parue dans Le Devoir, a attiré mon attention. Elle dénonce les «dérives identitaires» de la réaction du député Pierre Curzi lors de son passage à l'émission des Francs Tireurs où il évoquait la possibilité d'une main mise des dirigeants du Canadiens de Montréal sur le symbole identitaire et mobilisateur que constitue la mythique et centenaire équipe de hockey. La main mise serait, selon lui, symbolique et économique.

Économique, parce que la nature de la transaction entre la famille Molson et l'ancien propriétaire Gillett n'a jamais été rendue publique, ce qui mène à toutes les hypothèses conspiratrices. Cependant, la liste d'acheteurs que sont la Compagnie Woodbridge, BCE/Bell, le Fonds de solidarité de la FTQ, Michael Andlauer, Luc Bertrand et Banque Nationale Groupe financier est plutôt intéressante à analyser.

Le monde est petit. Prenons, par exemple, le groupe BCE/Bell. Michael Sabia était président de ce groupe jusqu'à la fin de 2008 alors que la vente de l'entreprise aux mains du groupe Teachers aurait fait en sorte que le siège social de l'entreprise passe de Montréal vers Toronto. Sabia a ensuite remplacé Henri-Paul Rousseau à la tête de la Caisse de dépôt et de placement du Québec, celui-ci ayant quitté avant l'éclosion de la «tempête parfaite» (les mots sont de Rousseau et ont une inquiétante connotation positive) ayant coûté 40 milliards de pertes. Quel est le lien entre Sabia et Rousseau? L'empire Desmarais. Après son départ de la CDPQ et après avoir encaissé sa prime de départ, Rousseau est devenu vice-président du conseil d'administration de la société Power et de la financière Power. De son côté, Sabia a convoqué sa première rencontre avec le Québec inc. dans les bureaux de Power Corporation. Dans la même veine, Luc Bertrand était à la tête de la Bourse de Montréal lorsque celle-ci fut annexée à la Bourse de Toronto. Doit-on s'étonner qu'il soit passé lui aussi à la CDPQ? Le monde est vraiment petit.

Vous voulez un autre étrange cas de collusion entre le milieu sportif et politique? La maison de Jean Charest à North Hatley est louée à Sam Pollock (ancien directeur du CH) pour un «prix d'ami». (lire sur le sujet l'enquête menée par le journal alternatif Le Québécois. Lorsque deux journalistes de l'empire Quebecor ont voulu révéler la nature de cette affaire, ils furent congédié par Luc Lavoie, vice-président de Quebecor et ancien chef de cabinet de Brian Mulroney, l'ancien Premier Ministre du Canada et membre du conseil d'administration de Quebecor pour qui Jean Charest a fait ses premières armes politiques!)

Cependant, Pauline Marois a, en quelque sorte, appuyé Pierre Curzi. Elle n'a pas voulu appuyer la thèse économique, se contentant de situer la controverse à la valeur symbolique du club de hockey professionnel. Pour les éternels sceptiques, cette critique demeure l'objet d'une paranoïa nationaliste. Difficile de s'attaquer à l'apparence d'un symbole.


Ces héros donnent-ils le bon exemple?

Tout d'abord, croyez-vous que les joueurs Québécois préfèrent jouer là où les arénas sont vides alors qu'ici, à Montréal, ils sont béatifiés, vénérés et tout le tralala? Que dire des plus jeunes joueurs, comme Carey Price, qui récoltent les conquêtes au Club Opera, ce qui a d'ailleurs fait les choux gras des mini-caméras de téléphones portables pour ensuite être diffusé sur Youtube. Tant qu'à y être, pourquoi s'obstiner à garder Price alors que Halak fut si soudainement adulé pendant les dernières séries?

Êtes vous fiers de ces héros qui donnent ensuite leur temps aux enfants défavorisés et ceux de l'hôpital Ste-Justine? Car ces gladiateurs rendent un service à la population pour lequel nous leur sommes tous redevables. Cependant, véhiculent-ils un exemple à suivre?

Les joueurs du CH portent sur eux, qu'on le veuille ou non, un rôle social important. Que dire du fait qu'on n'impose pas à ces joueurs l'apprentissage du français? Que dire du fait que le Centre Bell ne diffuse pas de musique locale et que la diffusion du match diffusé à l'intérieur des toilettes proviennent d'une station anglophone?


Le Canada et le club Canadiens

Mais non, il s'agit bêtement de blâmer un certain processus de «dénationalisation tranquille» (dixit Mathieu Bock-Côté). Commençons par ce nom: «Canadiens Habitants», un archaïsme centenaire. Savoir que les Québécois d'aujourd'hui descendent des Canadiens-français d'alors, qui eux-même descendent des «Canayens», puis des habitants Canadiens est devenu en cette ère d'acculturation un privilège réservé à une certaine élite conscientisée. La méprise est, et demeure, évidente.

Et pourtant, il s'agit bel et bien de nous de la même manière que l'unifolié du Canada nous revient historiquement de droit. Saviez-vous que les érables poussent en majorité au Québec? Saviez-vous que la feuille d'érable a précédé la fleur de lys sur nos armoiries familiale et qu'une branche d'érable décorait le drapeau des patriotes de St-Eustache? Saviez-vous que l'hymne national du Canada a d'abord été composé par Calixa Lavallé pour les fêtes de la St-Jean-Baptiste, fête des Canadiens français?

Un drapeau et un hymne national hors des mains des Québécois d'aujourd'hui, s'agit-il d'un complot? Non, dans ces deux cas, il s'agit d'un appropriation afin de combler un vide identitaire Canadian. Trop associé à l'empire Britannique, le gouvernement Canadian s'est emparé de composantes locales pour façonner son identité. C'est ce que nous appelons le «nation building», mais ça, c'est une autre histoire.


Le symbole identitaire

S'agit-il un complot que de refuser de se complaire d'un symbole identitaire dissout dans l'américanité? Les révolutionnaires des années 60 s'y sont refusé. Du moins, ils ont su faire jaillir une culture compensatoire toute aussi puissante pour rivaliser avec la machine culturelle américaine. Les Nordiques ont été une sorte de riposte: présentation en français, hymne national uniquement en français, fleur de lys, etc. Saluons donc leur retour hypothétique.

M. Bourget cite le texte célèbre de Pierre-Elliot Trudeau La nouvelle trahison des clercs afin de juger «le nationalisme ethnique qu'il considérait comme trop émotif, aveuglant, ne laissant aucune place à la raison». Je répond par la propre réplique de Hubert Aquin à Trudeau avec «La fatigue culturelle du Canada français» : «Les peuples sont ontologiquement indéterminés, et cette indétermination est le fondement même de leur liberté. L’histoire à venir d’un groupe humain n’est pas fatale, elle est imprévisible. « Un homme se définit par son projet », a dit Jean-Paul Sartre. Un peuple aussi.» Quel projet désirez-vous, M. Bourget?


Le projet Canadian

À propos des visées du fédéral et de son «nation-building», Hubert Aquin disait: «Seule l’abolition de la culture canadienne-française peut causer l’euphorie fonctionnelle au sein de la Confédération et permettre à celle-ci de se développer « normalement » comme un pouvoir central au-dessus de dix provinces administratives et non plus de deux cultures globalisantes. Cette abolition peut s’accomplir de bien des façons qui ne sont pas sans tolérer la survivance de certains stéréotypes culturels canadiens-français

«Le Canada français est en état de fatigue culturelle et, parce qu’il est invariablement fatigué, il devient fatigant. C’est un cercle vicieux. Il serait, sans aucun doute, beaucoup plus reposant de cesser d’exister en tant que culture spécifique [...].» Étant donné cette considération dangereusement d'actualité, il n'est pas étonnant que certains aient parlé de courage à propos de la réaction improvisée de Pierre Curzi. La promotion des valeurs nationales frôlent parfois l'émasculation. Pas étonnant, que de l'autre côté de la clôture, on se fout bien de la gueule à Marois et Curzi.


Des revendications trop «ethnicisantes»?

Les Québécois sont-ils «ethniques»? Par paresse intellectuelle, je laisse Aquin répondre : «II n’y a plus d’ethnies, ou alors fort peu. Les déplacements de population, l’immigration, les assimilations (que Jacques Henripin qualifie justement de « transferts linguistiques ») ont produit une interpénétration des ethnies dont un des résultats incontestables, au Canada français par exemple, est le regroupement non plus selon le principe de l’origine ethnique (la race, comme on disait encore il y a vingt-cinq ans) mais selon l’appartenance à un groupe culturel homogène dont la seule spécificité vérifiable se trouve au niveau linguistique. II suffit de regarder autour de soi, parmi les gens qu’on connaît, pour dénombrer rapidement le nombre de Canadiens français pure laine : ils ne sont pas les seuls « vrais » Canadiens français ! Les Mackay, les Johnson, les Elliott, les Aquin, les Molinari, les O’Harley, les Spénart, les Esposito, les Globenski, etc., en disent long sur l’ethnie-nation canadienne-française. Les « transferts linguistiques », dont parle Henripin, se sont accomplis à notre profit comme à nos dépens, si bien que le noyau de colons immigrés qui a fait la survivance se trouve mêlé désormais, sur le plan ethnique, à tous les apports que l’immigration ou les hasards de l’amour ont donnés à notre pureté ethnique nationale. De fait, il n’y a plus de nation canadienne-française mais un groupe culturel-linguistique homogène par la langue.»


Conclusion: Décloisonnons-nous et revendiquons une juste place aux joueurs Québécois

Bref, rien ne dit qu'il y a complot. Pour qu'il y en ait un, il faudrait que la collusion d'affaire entre le milieu politique et le milieu économique puisse influencer sur la valeur symbolique de cette équipe de hockey. Mais s'il y a un crime à dénoncer, c'est bien celui de la complaisance. La dérive de certains possédants au nom de l'hégémonie d'une culture sportive américaine provoque la dissolution d'un héritage identitaire qui est venu à nous par l'épreuve de l'histoire. Pour en connaître davantage sur le sujet, je vous invite à lire la chronique de Réjean Tremblay qu'il a écrit après l'acquisition du CH par les frères Molson.

Et je laisse une dernière fois la parole à Aquin en guise de conclusion: «Mais pourquoi faut-il que les Canadiens français soient meilleurs ? Pourquoi doivent-ils « percer » pour justifier leur existence ? Cette exhortation à la supériorité individuelle est présentée comme un défi inévitable qu’il faut relever. Mais ne l’oublions pas, le culte du défi ne se conçoit pas sinon en fonction d’un obstacle, d’un handicap initial, et peut se ramener, en dernière analyse, à une épreuve de force à laquelle est soumis chaque individu. L’exploit seul nous valorise et, selon cette exigence précise, il faut convenir que Maurice Richard a mieux réussi que nos politiciens fédéraux. Nous avons l’esprit sportif sur le plan national et comme nous rêvons de fabriquer des héros plutôt qu’un État, nous nous efforçons de gagner individuellement des luttes collectives. Si le défi individuel que chaque Canadien français tente en vain de relever dépend de la position du groupe canadien-français considéré comme totalité, pourquoi faut-il relever ce défi collectif comme s’il était individuel ? Ne serait-il pas plus logique de répondre collectivement à une compétition collective et de conjurer globalement une menace globale, inhérente à la situation du Canada français par rapport à son partenaire fédéral anglophone ?»

PS: À moins que vous ne vous soyez soustrait à tout questionnement sur la situation actuelle de cette équipe gérée par l'omertà de l'organisation du club Canadiens, je vous invite à lire le livre de Bob Sirois «Le Québec mis en échec». Selon l'auteur, la discrimination des Québécois ou des francophones dans la LNH n'est pas qu'un phénomène local.




jeudi 26 août 2010

Résumé de la Commission Bastarache


Un ancien libéral revient sur son passage en politique dans un gouvernement libéral, accusant au passage le Premier Ministre actuel et d'alors de trafic d'influence avec des collecteurs de fonds libéraux, tout cela dans une commission d'enquête conduite par un juge libéral, des procureurs libéraux et des avocats libéraux.

Les ramifications de cet ancien libéral remontant à une intervention politique dans des jugements criminels lors de l'opération Sharqc et au scandale des commandites. Faut-il s'en étonner? Faut-il s'arracher les cheveux de la tête? Ou faut-il comprendre que l'histoire ne fait que se répéter et que les loups se mangent entre eux quand ils n'ont rien d'autre à se mettre sous la dent?

(image : Jean Faucher)

lundi 23 août 2010

Sordide expérience de l'anodin


Je ne m'attendais vraiment à rien avant d'aller voir la pièce Nous sommes faits (comme des rats) de la troupe les Biches Pensives. L'expérience se révéla surprenante et amusante.

Nous sommes faits, comme dans «nous sommes des faits» c'est à dire des éléments d'expression sociale. Des faits divers toutefois inclassables dans les médias d'information. Le feuillet de présentation remis aux spectateurs évoque justement un tabloïd populaire. Le site de nouvelles de Quebecor media comporte justement les archives des faits divers des dernières années. On y retrouve par ailleurs les cinq nouvelles qui ont inspiré les auteurs (Justin Laramée, Gilles Poulin-Denis, Jean-Philippe Lehoux, Catherine Dorion, Rébéca Déraspe) impliqués dans la rédaction des cinq actes de la pièce. Une telle mise en situation ne pouvait qu'inspirer des histoires sordides et c'est bien l'angle par lequel les interprétations scéniques rendent ces faits divers. Tous ont en commun de présenter un univers naïf et autistique qui se consume lorsque survient l'incident qui les révèlent dans les manchettes. Les personnages mis en scènes sont des âmes sensibles confrontées à un monde complexe les isolant et les emportant même parfois dans cette folie apparente.

Tout d'abord, il y a cette femme nous racontant sa chute du troisième étage de son logement. Puis, il y a cet homme inspiré par son horoscope prometteur poursuivant les signes de sa chance aux Galeries d'Anjou. Ensuite, un homme largué par sa copine et surtout par les Canadien de Montréal vaincus en deuxième ronde des séries contre le Lightning de Tempa Bay en 2004 (douloureuse défaite racontée sur le même ton par Mathieu Simard dans son roman Ça sent la coupe) parcourant depuis Val-d'or un périple en camionnette vers le Centre Bell afin d'éveiller brutalement ses héros endormis dans leurs lauriers. L'histoire suivante concerne un homme trompé par un pourriel et condamné à rembourser la Banque Nationale avec laquelle il a transigé (c'est la seule nouvelle qui a connu un rebondissement. L'homme en question dirige une entreprise «off shore» qui aide des entreprises et des particuliers à faire des placements dans des paradis fiscaux. Il a toutefois eu gain de cause en cour et n'aura pas à rembourser la banque. Comme quoi l'économie néo-libérale continue à faire des heureux.) Enfin, une jeune femme de Saguenay se confie à un être disparu au cimetière avant de tenter de le libérer du sol.

Chacune des histoire est drôle et stimulante, mis à part peut-être la dernière qui détonne par son traitement introspectif. Le décor minimal faits de blocs blancs et d'un grand écran lumineux projettant la lumière blanche de la vérité se compose selon l'humeur du moment et encourage une mobilité de l'espace qui profite aux acteurs (Annie Darisse, Sébastien Leblanc, Dominique Leclerc, Hubert Lemire et Sébastien René) autrement prisonnier du vide de la scène. Saluons donc la chorégraphie originale de Caroline Laurin-Beaucage qui accompagne le monologue de chacun des personnages sans oublier le travail de mise en scène d'Alexia Bürger qui est parvenue malgré tout à assembler ces différentes histoires de manière équitable.

Nous sommes faits (comme des rats) est présenté au Café-Bar de la Cinémathèque québécoise les 19-20-24-25-26-27-31 août ainsi que les 1-2-3-7-8-9-10 septembre 2010.

(article rédigé pour Montrealexpress.ca disponible à l'adresse suivante : http://www.montrealexpress.ca/Culture/Collaborateurs-citoyens-dun-soir/2010-08-23/article-1692211/Sordide-experience-de-lanodin/1)

vendredi 4 juin 2010

La loi 103 et le droit de dissidence

Ainsi, le gouvernement du Parti Libéral du Québec a déposé le projet de loi 103 afin d'officialiser un droit de dissidence monnayable à la loi 101. La loi 101, faut-il le rappeler accordait le privilège à l'État du Québec d'intégrer exclusivement les francophones et les immigrants au système publique francophone tout en concédant à la minorité historique anglophone le droit de conserver son propre réseau d'enseignement. Lors de son dépôt en 1977, René Lévesque a lutté, au sein même de son cabinet, pour préserver ces droits afin de ne pas faire subir aux anglophones ce que les francophones ont subit hors de nos frontières nationales.

Maintenant, certains esprits tordus croient qu'il serait juste et normal de permettre à toute la population d'accéder à ce droit historique des anglophones. Je me demande : à quelle fin? Serait-ce au nom de ce droit de dissidence que s'accorde Lal Khan malik, président de la communauté musulmane ahmadiyya du Canada, rapporté par Le Devoir le 29 mai dernier? Quand cesserons-nous de nous culpabiliser de vouloir être un peuple normal qui veut intégrer ses concitoyens avec dignité comme le font les autres peuples du monde, soit par l'enseignement et la culture? Si certains veulent tant envoyer leurs enfants à l'école anglophone, il existe des provinces voisines et même des États américains voisins où ils peuvent le faire. Après tout, le voyage forme la jeunesse.

Au fond, pour préserver le droit exclusif de l'État québécois d'octroyer un enseignement dans sa langue officielle il n'y a que deux solutions. Employer la clause dérogatoire prévue dans la constitution canadienne qui nous a été imposée, ce qui serait un moindre mal à l'adaptation de cette constitution à notre mesure, compte tenu que tous les fédéralistes persistent à dire que «le fruit n'est pas mûr». Sinon, l'indépendance nationale pour nous libérer définitivement de cette constitution.

mercredi 26 mai 2010

Pourquoi «La maudite machine»?

On m'a demandé pourquoi avoir intitulé ce blogue «La maudite machine». La réponse est toute simple, elle est inspirée d'une chanson du groupe Octobre. À ce propos, le site Québec Info Musique (www.qim.com) indique que :

Cette cellule rock dont le nom même se voulait provocateur, dans le contexte social et politique de l’époque, n’en connut pas moins un départ fulgurant avec la chanson "La maudite machine" qui fut un des premiers hymnes de la jeunesse québécoise contestatrice. Après plus d’un quart de siècle, le propos de ce cri contre-culturel est toujours très actuel. Par dessus tout, Octobre est devenu très rapidement un symbole dans le nouvel univers musical de la décennie soixante-dix. Il incarne un rock en rouge et noir: rouge comme la soif de vivre et noir comme la musique soul. (source : http://www.qim.com/artistes/biographie.asp?artistid=202)

En espérant que cela a pu résoudre certaines interrogations...




J'en profite pour vous remercier des appuis spontanés qui ont été lancé à l'égard de mes billets précédents. J'interviendrai davantage dans les semaines qui suivent. L'actualité est une source inépuisable d'inspiration, mais comme j'ai pour adage que l'opinion tue l'information, je réfléchis à trouver quelque chose de pertinent à écrire lorsque j'aurai le temps de le faire.